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Élisée Adonis Léon THÉBAULT
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par Frédéric THÉBAULT
Signature de Léon Thébault
Fils d'un immigré Breton, Léon Thébault, mon arrière-grand-père, est né à Paris en 1887. Le milieu populaire dans lequel il vivait ne lui permit pas de vivre dans l'opulence, et comme tant d'autres, sa vie fut synonyme de petits boulots ou de déménagements fréquents, au gré des naissances de ses frères et soeurs, et des moyens financiers de ses parents. Sa mère, couturière, son père, employé des pompes funèbres puis simple palefrenier. Léon grandit donc "dans la rue" : il était l'un de ces "gavroche" parisiens comme l'on en voit souvent au cinéma, cinéma qu'il vit d'ailleurs naître, comme le téléphone, l'automobile, l'avion, et bien d'autres merveilles de la technologie moderne...
A l'âge de 16 ans, Léon passe devant les tribunaux, pour vol. Il est coupable de vol dans le tiroir-caisse d'une épicière d'Aubervilliers en compagnie de deux camarades, dont l'un à peine âgé de 14 ans. Le tribunal, néanmoins, est clément et ne le condamne qu'à 4 mois de prison avec sursis, par indulgence sans doute pour son jeune àge. Trois ans plus tard, Léon, qui n'a sans doute pas suivi d'études, s'engage dans l'armée. A l'époque, cela signifiait de la nourriture, un toit, et en plus l'uniforme donnait un certain prestige !
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Le 65, faubourg du Temple, où habitait Léon enfant
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Le 28 août 1908, il bénéficie d'un certificat de bonne conduite : sans doute s'est-il quelque peu assagi, notamment grâce à l'encadrement militaire. Néanmoins, il ne prolonge pas son engagement dans l'armée, et retrouve, en 1909, la femme qu'il aime, Gabrielle, Rouyac de son nom de famille, fille d'un serrurier veuf, lui aussi descendant d'immigrés. Il peut aussi profiter un peu plus de son petit bébé, un garçon né en juin 1908, et prénommé Georges, qui deviendra mon grand-père.
En 1911, c'est le second enfant du couple qui naît : Louis Jean, mais le petit garçon ne vivra pas très longtemps, car il s'éteint, sans doute de maladie comme cela était encore très fréquent, avant d'avoir atteint sa deuxième année. Une épreuve difficile pour des parents, car c'est à cet âge là que les enfants sont les plus attendrissants. Auparavant, le couple a régularisé sa situation, et a convolé en justes noces en mairie du XXème arrondissement, ce 3 février 1912. Mais manifestement, Léon et Gabrielle ne roulent pas sur l'or. Léon continue ses bêtises, et en novembre 1913, il est condamné par défaut à 4 mois de prison (cette fois-ci, sans sursis) et à 25 francs d'amende par le tribunal correctionnel de la Seine, pour abus de confiance.
Purge-t-il sa peine ? Sans doute. Quelques mois plus tard, il reçoit comme des milliers de jeunes gens comme lui, l'ordre de mobilisation.
Le 4 août 1914, le soldat Léon Thébault retrouve l'uniforme et le 10, il est affecté au 301ème Régiment d'Infanterie. Il part sans doute immédiatement pour le front, où il apprend à connaître l'horreur de la mort au quotidien.

Voir la fiche militaire de Léon
(300 Ko)
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Le front en septembre 1916
Le 27 septembre 1915, son régiment participe à la bataille de la Marne. A quelques kilomètres de Suippe, dans le scteur de Saint-Hilaire-le-Grand, Léon reçoit une balle dans le mollet, qui lui traverse la jambe : rien de très grave, et sans doute l'occasion de quelques jours bien au chaud et d'une permission. A la même époque, à quelques kilomètres, le frère de mon arrière-grand-mère, Marius Roustand, sera porté disparu.
Quelques mois plus tard, Léon est de nouveau blessé. Cette fois, c'est à l'entre-bras droit. Son régiment, qu'il n'a pas quitté, est alors plongé dans l'enfer de Verdun, et c'est dans le secteur du fort de Thiaumont que Léon est mis hors de combat. Une nouvelle fois, c'est un repos bien mérité qui lui est sans doute octroyé. Deux mois après, début août 16, Léon change de régiment, et passe au 106ème R.I. Il est alors envoyé aux combats tristement célèbres eux aussi, qui se déroulent près de Bapaume et Péronne, dans la Somme.
Le 30 septembre 1916, Léon Thébault, 29 ans, est "tué à l'ennemi, secteur nord de Bouchavesnes".

Ce qu'il reste de Bouchavesnes aprè les combats...
Deux mois plus tard, sa veuve, qui a entre-temps donné naissance a une petite fille, reçoit un "secours" de 150 F.
Mon grand-père Georges n'a conservé aucun souvenir de son père. Une photographie de Léon existait, que possédait sa fille, hélas décédée.
NB : parcours effectués par les unités de Léon Thébault :
301ème -1914 : Spincourt, Haudelaincourt, Eton (25 août), Billy-sous-Mangiennes (26 août), Gercourt, Bois des Forges (1er septembre)
1915 : Les Eparges, Bois d'Ailly
106ème RI - 1916 : Somme (septembre)
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