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Charles DELAFAITE |
par Loïc DELAFAITE - delafaite.la@libertysurf.fr
| Né le 21 janvier 1886 à 11 heures du matin à la Neuville-aux-Joûtes au hameau du Pavillon, Charles est le sixième enfant de Pierre Joseph Delafaite et de Marie Anaïse Druart. Il est donc le sixième enfant de ce couple qui en aura neuf. Charles exercera le métier de mouleur puis d'employé auxiliaire de chemin de fer. Le 8 novembre 1913, il épouse Esther Madoulet. Née le 8 février 1893 à Sévigny-la-Forêt, celle-ci donnera une fille à Charles. Cette fille se prénommera Lucienne. Née le 15 décembre 1914 à Sévigny-la-Forêt, celle-ci décédera en bas âge. En effet, le 10 août 1917, Lucienne quittera ce monde. Ce décès ne sera pas le seul dans cette famille. En effet, revenons en arrière. En août 1914, le premier conflit mondial éclate. Charles est donc invité à rejoindre son régiment pour rejoindre le front. Il incorpore donc le 120ème régiment d'infanterie et fait partie du deuxième bataillon, de la cinquième compagnie sous le matricule n°2079. Je ne sais pas encore avec précision les circonstances de ses blessures. Cependant, nous pouvons en avoir une idée en lisant le journal de route du régiment que vous trouverez dans les pages suivantes Charles sera donc blessé et décédera des suites de ses blessures le 14 avril 1915 à 19 heures à l'hôpital de Vichy. Le 6 septembre 1922, Charles est déclaré Mort pour la France. La famille ne fera pas rapatrier le corps qui sera inhumé dans le carré militaire du cimetière de Vichy. Sa tombe se situe à gauche du monument commémoratif, elle est la sixième tombe de la troisième rangée à partir de l'allée centrale desservant le monument. Le nom de Charles Delafaite est inscrit au monument aux Morts de la commune de Sévigny-la-Forêt et de Signy-le-Petit. On trouve aussi une plaque portant son nom dans l'église de Sévigny-la-Forêt. Malheureusement, le frère de Charles décédera lui aussi lors de ce conflit, portant à deux le nombre de Delafaite morts en héros. Voici le journal de marche du régiment de Charles Alfred. Ce journal reprend une période qui va du 17 mars 1915 jusqu'au 14 avril, date à laquelle Charles est mort. Pour repérer les passages où Charles a combattu au front, gardez en mémoire qu'il faisait partie du 2ème bataillon et de la 5ème compagnie. 17 mars 1915 : Le régiment part le 17 sur le front, pour relever le 91ème régiment dinfanterie dans les tranchées au nord du Mesnil. Départ des bivouacs de Somme-Tourbe à 9 heures 30 : Itinéraire Somme-Tourbe et Laval pour les abris Guérin, où le régiment arrive entre 13 et 15 heures. De 15 à 18 heures, repos aux abris Guérin. Une canonnade ennemie blesse un homme au 1er bataillon. Le 2ème bataillon a 2 tués et 2 blessés. Le 3ème bataillon perd : 1 sergent, 1 caporal tués et 2 blessés. A 23 heures, le régiment est complètement relevé. Les 1ere et 3ème compagnies sont en première ligne, la 1ère à gauche se reliant au 147ème, la 3ème à droite se reliant au 3ème bataillon du 120ème. Les 2ème et 4ème compagnies sont en réserve de régiment près du poste de commandement du lieutenant-colonel au Bois jaune. Le 3ème bataillon occupe le trapèze ayant le 2ème bataillon à sa droite. Nuit calme. Pertes : 3 tués, 13 blessés. 18 mars : Dans la nuit du 17 au 18, une nouvelle tranchée est commencée dans le secteur du 2ème bataillon dans labri des mitrailleurs, face à louest pour se mettre en liaison avec le 3ème bataillon. Cette tranchée est occupée par la 5ème compagnie. La matinée est calme ; dans laprès-midi, la défense du trapèze est renforcée pour contribuer à lattaque de la 48ème D.I. placée à lest. Les saillants N.E. et N.O. ont été renforcés au N.E. par la 12ème compagnie remplacée elle-même dans sa position de réserve du 3ème bataillon par la 2ème compagnie ; au N.O. par la 4ème compagnie. La 2ème compagnie assure la liaison avec le 2ème bataillon et la 3ème compagnie avec le 1er bataillon. Le 3ème bataillon a pour mission dassurer à tout prix linviolabilité du trapèze. Aucune attaque allemande sur le trapèze. A 16 heures, feu violent dartillerie sur les 1ère et 3ème compagnies qui bouleverse les tranchées. Pour la nuit, une demie compagnie du 147ème est mise comme réserve partielle à la disposition du commandant du 1er bataillon dans la tranchée au S.O. du trapèze. Les pertes se sont élevées à 9 tués, 34 blessés, 1 disparu. 19 mars : La 5ème compagnie continue ses travaux de sape. A 3 heures, le lieutenant Rousseau commandant la 6ème compagnie rend compte quune compagnie du 170ème (capitaine Voilque), placée à sa droite, se dispose à quitter les tranchées sans être relevée par une compagnie du 80ème régiment dinfanterie qui nest pas encore arrivée sur sa position. La position, occupée par la compagnie du 170ème, est occupée par la 7ème compagnie de réserve du 2ème bataillon. La 7ème compagnie est remplacée dans sa position de réserve par la 2ème compagnie à 10 heures, la demie compagnie du 147ème en réserve auprès du 1er bataillon retourne sur ses anciens emplacements ainsi que la 4ème compagnie. A 17 heures, 2 sections de la 4ème compagnie sont envoyées en réserve du 1er bataillon. A 19 heures, attaque de lennemi sur le 2ème bataillon, principalement sur les 6ème et 7ème compagnies. Cette attaque est entièrement repoussée sur le front de la 6ème compagnie par le feu et les bombes Cellérier et sur le front de la 7ème compagnie par le feu de la compagnie, une section de la 2ème compagnie, et le feu dune mitrailleuse. A 19 heures 30, un peloton de la 2ème compagnie se porte en réserve du 3ème bataillon. A 18 heures 30, ladjudant Fontaine prend le commandement de la 1ère compagnie, le sous-lieutenant Koll étant blessé mortellement. Une opération de nuit est projetée sur le front de la 8ème compagnie. Rupture dun barrage occupé par les Allemands et progression dans un boyau. Cette opération commencée à 20 heures 35 est exécutée avec succès et sans perte. Pour cette opération, une escouade de la 11ème compagnie (capitaine Giroud de Gaud) devait chercher à progresser et à semparer de la partie nord du boyau pour faire des prisonniers. Cette escouade ayant rencontré des forces très supérieures, na pu entrer en liaison avec la 8ème compagnie. La 8ème compagnie a progressé de 20 pas dans le boyau et amorcent à lest et à louest des éléments de tranchées qui assureront la liaison à lest avec la 6ème compagnie et à louest avec la 8ème compagnie. De 14 à 18 heures, bombardement par lennemi. Dans la nuit, la liaison est assurée entre le 3ème bataillon et le 2ème bataillon, la 5ème compagnie occupe définitivement cette tranchée et se relie à louest avec la 12ème compagnie. Pertes : 4 tués, 31 blessés, 11 disparus. 20 mars : Le 20 mars, les 2 compagnies de 1ère ligne du 1er bataillon sont relevées par 2 compagnies du 9ème bataillon de chasseurs. Le 1er bataillon passe en réserve du régiment, sauf la 1ère compagnie qui se place en réserve partielle du 3ème bataillon où elle relève à son tour les pelotons des 2ème et 4ème compagnies qui rejoignent leurs compagnies respectives. Une compagnie du 80ème relève la 7ème compagnie dans les tranchées précédemment occupées par une compagnie du 170ème dinfanterie. La 7ème compagnie passe en réserve du 2ème bataillon. La 2ème compagnie retourne au poste du colonel. Une mitrailleuse du régiment reste néanmoins dans le secteur du 80ème dinfanterie jusquà 8 heures du matin. Tout laprès-midi, bombardement dartillerie. Pertes : 6 tués, 20 blessés. 21 mars : Amorçage de deux nouvelles tranchées devant relier la 8ème compagnie à louest avec la 5ème compagnie, la 8ème à lest avec la 7ème compagnie. Une légère attaque prononcée sur les 6ème et 7ème compagnies et le 80ème dinfanterie est repoussée par le feu. Lartillerie ennemie démolit une partie de laileron est 3ème bataillon) 50 m environ de tranchées sur la face est (11ème compagnie). La liaison est établie avec le 9ème B.C.P. ( ?). Pertes : 6 tués, 26 blessés. 22 mars : La 8ème compagnie attaque à minuit le barrage. Lopération réussit. On organise le barrage de la position. A 10 heures 30, après une préparation intense dartillerie, une violente attaque allemande nous reprend le terrain conquis. A 18 heures 40, par 40 volontaires du 2ème bataillon, le barrage est définitivement repris et organisé fortement. Vers 18 heures 30, un peloton de la 2ème compagnie (sous-lieutenant Chevrier) est porté en réserve du 3ème bataillon. Une autre section de la 2ème compagnie est portée au poste du général de la brigade à Bolandin pour la garde de ce P.C. Dans le courant de la nuit, travaux par le Génie entre la 8ème et la 7ème compagnie et travaux des pionniers entre 8ème et 5ème compagnies. Pertes : 12 tués, 40 blessés. 23 mars : Travaux de sape sur le front du 2ème bataillon. La tranchée entre les 5ème et 8ème compagnies est définitivement occupée. Dans la nuit du 22 au 23, le Génie continue la tranchée de liaison entre les 8ème et 7ème compagnies. Sur le front du 3ème bataillon, on travaille à la liaison des 2 postes découte (face nord) par un boyau et à la liaison du poste découte ouest avec le secteur marocain. Le 1er bataillon est relevé à 23 heures par le 2ème bataillon du 15ème de ligne. Relève terminée vers minuit. Le 1er bataillon attend sur ses positions que tout le 15ème dinfanterie soit écoulé dans le boyau. Pertes : 7 blessés. 24 mars : A partir de 1 heure 30, le régiment quitte les tranchées. A 3 heures 30, la relève est terminée. Le régiment arrive à Somme-Tourbe entre 7 heures 30 et 9 heures. A 13 heures 30, embarquement dans les camions automobiles pour se rendre à Herpont où le régiment doit cantonner. Nous avons eu 1 blessé. 25 mars : Le régiment cantonne à Herpont. A 14 heures 30, revue par le général Joffre sur la route dHerpont à Dommartin-sur-Yèvre. Aucune perte. A la suite des opérations du début du mois, le général commandant larmée a cité à lordre de larmée le 120ème régiment dinfanterie (ordre général n° 82) : « Sous le commandement du lieutenant-colonel Girard, a fait preuve de la plus magnifique bravoure dans les journées du 28 février et du 1er mars. A brillamment enlevé une forte position allemande dont il a poursuivi les défenseurs la baïonnette dans les reins. A résisté pendant 3 jours à des contre-attaques incessantes, fait de nombreux prisonniers et infligé aux meilleures troupes ennemies des pertes considérables. » 26 mars : Le régiment est au repos à Herpont. 27 mars : Le régiment est au repos à Herpont. 28 mars : Le régiment est cantonné à Herpont. 29 mars : Le régiment est cantonné à Herpont. 30 mars : Départ dHerpont à 4 heures 50. Itinéraire par Dommartin-sur-Yèvre, Epense, Remicourt, Givry-en-Argonne. Grandhalte sur Belval où le régiment cantonne. 31 mars : Départ de Belval à 6 heures 15. Itinéraire par Vaubécourt, Pretz-en-Argonne, Bauzie, ( Grandhalte) sur Saint-André où le régiment cantonne. 1er avril : Départ de Saint-André à 5 heures 25. Itinéraire par Souilly sur Senoncourt où le régiment cantonne. 2 avril : Le régiment (1er et 3ème bataillons) séjourne à Sénoncourt. Le 2ème bataillon est à Monthairon-le-Grand. 3 avril : Le régiment quitte Sénoncourt pour se rendre à Sommedieue par Saint-Pierre-sur-Meuse. Départ à 7 heures. Arrivée à 10 heures à Sommedieue où le régiment cantonne. 4 avril : Départ de Sommedieue à partir de minuit pour Wadonville. Le régiment arrive à 4 heures 30 et cantonne. 5 avril : Même cantonnement. 6 avril : Le régiment quitte Wadonville à 1 heure 45 et se rend aux abris de Manheulles où il cantonne jusquà 19 heures 15. Aussitôt, départ vers Pintheville. Aucune perte. 7 avril : Les deux premiers bataillons sont dirigés sur les tranchées à louest de Maizeray ai N. et au S. de la route de Pintheville à Maizeray, tandis que le 3ème bataillon reste en réserve à Pintheville. Journée relativement calme. Les tranchées occupées sont fortement inondées. Pertes : 6 tués, 43 blessés, 1 disparu. 8 avril : Le 2ème bataillon remplace le 1er bataillon aux tranchées de 1ère ligne. Rien à signaler sauf violent canonnade ennemie sur le village de Pintheville. Le commandant Lambin du 3ème bataillon est blessé dun éclat dobus à la tête. Pertes : 9 tués et 25 blessés. 9 avril : Le régiment est en ligne sauf le 1er bataillon qui reste à Pintheville. Des tranchées sont construites en avant de nos lignes au N. et au S. de la route de Pintheville à Maizeray. Nous atteignons les réseaux de fil de fer allemands. Un gain de terrain denviron 600 m en profondeur au sud de la route est ainsi réalisé. Pertes : 13 tués et 20 blessés. 10 avril : Au sud de la route de Pintheville à Maizeray, les fils de fer sont détruits par nos soins et une tranchée est construite à 50 m en avant de nos lignes. Les autres tranchées sont assainies et aménagées. Pertes : 26 tués, 70 blessés, 5 disparus. 11 avril : Bombardement réciproque des tranchées. Pertes : 7 tués, 43 blessés. 12 avril : Le 2ème bataillon vient renforcer le 1er bataillon en vue dune attaque. La préparation dartillerie commence à 10 heurs 30 m mais nétant pas suffisante, elle ne permet pas le succès à lassaut de la 3ème compagnie (lieutenant Diclin) qui fait preuve cependant dune bravoure et dun allant remarquables et qui va jusquà la tranchée ennemie. Pertes : 44 tués, 175 blessés, 82 disparus. 13 avril : Violente canonnade de part et dautre. Pertes : 30 tués, 48 blessés, 11 disparus. 14 avril : Le régiment est relevé. Aucune perte.
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